2017 en Corse : le millésime le plus précoce et le plus sec du XXIième siècle

2017 en Corse : le millésime le plus précoce et le plus sec du XXIième siècle

Avec 15 jours d’avance par rapport à 2016, le millésime 2017 est certainement le plus précoce et le plus sec de ces 20 dernières années.

Autres caractéristiques : une phase de maturation rapide, des maturités très abouties mais des niveaux de production beaucoup plus bas, -18 à -20 % au global, avec une amplitude de -5 à – 40 % selon la situation géographique des vignobles, les cépages et la conduite culturale des parcelles.

Ainsi, les régions sud : Ajaccio – Sartène – Figari ont noté, dans certains domaines,  une diminution de rendements de – 20 à – 40 %  par rapport aux millésimes 2015 et 2016,  qui avaient toutefois été deux très bonnes années. Les pertes de rendements sont fréquentes surtout dans le cas de sols drainants comme les arènes granitiques…

Le Sciaccarellu a beaucoup flétri. Les parcelles irriguées et les vieilles parcelles où l’enracinement est efficient sont celles qui ont le moins souffert.

Il y a quand même eu des cas de mortalités sur vieux pieds de Vermentinu, inhabituelles, surtout pendant la semaine de canicule du 7 au 12 août, qui est venue se superposer à la sécheresse enregistrée depuis février.

Dans le nord, en particulier à  Patrimonio, la vigne n’a pas autant souffert en dépit de l’absence de pluie et surtout des orages de mi-aout, ceux qui apportent en année « normale » les taux de précipitations habituels. La  sécheresse semble avoir été mieux supportée. Les sols plus profonds, argilo calcaires, moins drainants, plantés majoritairement avec du Niellucciu, sont autant de raisons qui peuvent expliquer ce résultat.

Le Niellucciu, cépage tardif, a donc mieux résisté à la sécheresse avec de jolies maturités.

Les phases de maturation ont rapidement évolué pour les cépages les plus précoces (Biancu Gentile, Genovese mais aussi  Sciaccarellu) puisque les maturités optimales ont été atteintes en août pendant les pics de chaleur.

Dans le cas de conditions plus tardives (sols profonds, sols moins drainants, cépages plus tardifs, irrigation, fortes charges…), la phase de maturation a été plus lente, optimale en septembre où les températures ont rapidement baissé.

L’état sanitaire a été quasi-parfait, excepté pour des situations où l’oïdium a été difficilement maîtrisé : attaques post-floraison en Cote orientale, Balagne, Cap Corse ainsi que Sartène-Figari, parfois très virulentes jusqu’en juillet, sur la Cote orientale notamment.

Les raisins sont le reflet des situations disparates enregistrées avec des acidités totales très élevées ou au contraire très basses. Les durées de fermentations ont été correctes, en dépit des titres alcoométriques élevés.

Au final, de nombreux vignerons signalent une belle fraicheur et de beaux arômes.

Vins blancs et vins rosés sont très expressifs. Les vins rouges, délicats à « négocier » du fait des forts titres alcoométrique enregistrés – surtout avec le Sciaccarellu- et du fait de la « brutalité » du processus de maturation, présentent tout de même après élevage, un très bel équilibre.

Les contrôles de maturité sont réalisés par le CRVI, la chambre d’agriculture (2B), le laboratoire départemental de Haute-Corse, le laboratoire 20oenologie conseil, les structures coopératives ainsi que certaines caves particulières.
Chaque semaine vous trouverez les résultats des contrôles réalisés sur les parcelles de référence qui ne donnent qu’une valeur indicative de la maturité des raisins dans chaque région. Ils ont pour but d’informer les professionnels sur l’état d’avancement de la maturité du millésime 2017.

 

 Consulter les contrôles de maturité