Dans un contexte de réduction des intrants œnologiques, et en particulier du dioxyde de soufre, cet essai s’inscrit dans l’évaluation de solutions alternatives permettant de préserver la qualité et la stabilité des vins. Parmi les leviers étudiés, l’oxygénation contrôlée des moûts apparaît comme une piste prometteuse pour améliorer la stabilité oxydative en amont de la fermentation.

L’outil Cilyo® permet de calculer une dose précise d’oxygène à injecter dans les moûts, adaptée à leurs caractéristiques. Cette oxygénation entraîne l’oxydation des composés phénoliques les plus instables, qui se polymérisent puis sont éliminés lors du débourbage. La sensibilité du moût à l’oxydation s’en trouve ainsi réduite.

L’expérimentation a été conduite sur quatre itinéraires de vinification distincts, intégrant une diminution voire une absence de sulfites. Des analyses physico-chimiques et microbiologiques, couplées à des dosages de composés aromatiques et à des dégustations, ont permis d’évaluer finement l’impact de la technique sur le vin.

Plusieurs résultats sont mis en évidence. L’injection d’oxygène entraîne un brunissement initial des moûts, qui s’atténue au cours de la fermentation. Sur le plan œnologique, cette technique améliore la stabilité oxydative des vins et permet de réduire les apports en sulfites : pour un même niveau de SO₂ libre, les teneurs en SO₂ total sont plus faibles, sans impact notable sur les arômes fermentaires et variétaux dans nos conditions d’expérimentation.

En revanche, l’oxygénation contrôlée ne suffit pas, à elle seule, à sécuriser des itinéraires sans sulfites. Des déclenchements spontanés de fermentation malolactique peuvent être observés, et les profils sensoriels perdent en fraîcheur aromatique par rapport aux vins sulfités.

Ces résultats confirment l’intérêt de cet outil comme levier de réduction du SO₂, tout en soulignant les limites actuelles des stratégies sans sulfites, tant sur le plan microbiologique que sensoriel.

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